A la découverte du Québec (ppt)

Schisophrénie linguistique de Jean Arceneaux, 1976 Imprimer Envoyer

Schisophrénie linguistique

de Jean Arceneaux, 1976


I will not speak French on the school grounds.
I will not speak French on the school grounds.
I will not speak French...
I will not speak French...
I will not speak French...
Hé! Ils sont pas bêtes, ces salauds.
Après mille fois, ça commence à pénétrer
Dans n'importe quel esprit.
Ça fait mal; ça fait honte.
Et on ne speak pas French on the school grounds
Et ni anywhere else non plus.
Jamais avec des étrangers.
On sait jamais qui a l'autorité
De faire écrire ces sacrées lignes
À n'importe quel âge.
Surtout pas avec les enfants.
Faut jamais que eux, ils passent leur temps de recess
À écrire ces sacrées lignes.                                                                                                                                 

I will not speak French on the school grounds.
I will not speak French on the school grounds.                                                                                                               

Faut pas qu'ils aient besoin d'écrire ça
Parce qu'il faut pas qu'ils parlent français du tout.
Ça laisse voir qu'on est rien que des Cadiens.
Don't mind us, we're just poor coonasses,
Basse classe, faut cacher ça.
Faut dépasser ça.
Faut parler en anglais
Comme de bons Américains.
Why not just go ahead and learn English.
Don't fight it, it's much easier anyway.
No bilingual bills, no bilingual publicity.
No danger of internal frontiers.
Enseignez l'anglais aux enfants.
Rendez-les toute le long,
Tout le long jusqu'aux discos,
Jusqu'au Million Dollar Man.
On a pas réellement besoin de parler français quand même.
C'est les États-Unis ici,
Land of the Free.
On restera toujours rien que des poor coonasses.                                                                                                             
I will not speak French on the school grounds. 
I will not speak French on the school grounds.                                                                                                                 

Coonass, non, non, ça gêne pas.
C'est juste un petit nom.
Ça veut rien dire.
C'est pour s'amuser, ça gêne pas.
On aime ça, c'est cute.
Ça nous fait pas fâchés.
Ça nous fait rire,
Mais quand on doit rire, c'est en quelle langue qu'on rit?
Et pour pleurer, c'est en quelle langue qu'on pleure?
Et pour crier?
Et chanter?
Et aimer?
Et vivre?

Pour approfondir:
Le poème « Schizophrénie linguistique » fut écrit en 1976 par Jean Arceneaux ; c’est un poème simple mais fondamental pour bien comprendre la situation linguistique de la Louisiane à cette époque-là... cf.
http://keytranslation.webnode.es/products/schizophrenie-linguistique-de-jean-arceneaux/
 
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