A la découverte du Québec (ppt)

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Les autochtones  (cf. aussi  Acadiens,Amérindiens et  Indiens)


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Lorsque les français arrivèrent au Québec, ils prennent possession de lieux qui sont déjà habités et dont les habitants premiers appelés autochtones réclament encore le droit d'appartenance.

La question d'un terme pour désigner ces premiers habitants donne lieu à des débats: le terme sauvage, largement utilisé, n'est plus usité aujourd'hui car trop péjoratif; celui d'Indiens est incorrect d'un point de vue géographique; celui d'Amérindien trop peu pertinent puisqu'il ne prend pas en compte les Inuits du Nord du Québec; l'appellation "premières nations" trop orientée et incorrecte quant au sens du terme nation... Le mot autochtone a donc été choisi et s'oppose ainsi au terme allochtone, c'est à dire les Québécois non originaires du continent (= non autochtones).

Les autochtones sont loin de se résumer à un seul et même groupe. Environ 75 000, ils se divisent en 11 nations, elles-mêmes subdivisées en communautés. Deux courants "politiques"existent de surcroît au sein de cette population: les traditionalistes revendiquant le pacifisme et obéissant à une conception plutôt traditionnel de la société et les progressistes souhaitant s'adapter à la nouvelle donne sociale et politique des Blancs.

Les allochtones et les autochtones n'entretiennent que peu de contacts. Les relations entre autochtones et allochtones dépendent en fait de la conception que se font les allochtones du mode de vie « sauvage » des autochtones. Vivant plutôt à l'écart des grands centres urbains, la population autochtone est souvent définie en fonction d'idées préconçues.

Les relations assez tendues entre les deux groupes ne résultent toutefois pas d'un problème culturel. On constate ainsi une plus grande reconnaissance des langues autochtones au Québec que dans la partie anglophone canadienne. Le territoire est en réalité au coeur du problème. On pourrait penser qu'en tant que peuple colonisé, les autochtones seraient sensible à la situation québécoise mais ce n'est pas le cas. Deux conceptions différentes de l'histoire s'affrontent en effet: les autochtones affirment d'une part que la ville de Québec a été construite sur des terres innues et d'autre part que même s'il y a eu une entente initiale quant à l'établissement des Français, celle-ci n'a pas été respectée.

Le problème se complique encore quand on considère la situation "politique" de la population autochtone. Depuis la loi constitutionnelle de 1867, la population autochtone dépend  de l'autorité législative du Parlement canadien. Dans ces conditions, l'indépendance du Québec et donc un transfert de constitution pourrait signifier la perte des droits ancestraux des autochtones jusqu'ici garantis par le gouvernement d'Ottawa.

Les conditions de vie de cette population vivant dans des réserves sont source de conflits (crise de 1990 par exemple). Depuis une trentaine d'années, les conditions de vie se sont améliorées au sein de cette population, mais certains problèmes majeurs demeurent: faible scolarisation, situation de santé médiocre, fort taux de suicide,etc.

Cf. Dupuis-Déri , Francis (2001) : « Entre Québécois et autochtones, un territoire à partager ». Entrevue avec Sylvie Vincent réalisée par Francis Dupuis-Déri. Dans : Batigne, Stéphane (éd.) (2001) : Québec  - Espace et sentiment. Paris : Éditions Autrement – collection Monde HS no 124: 71-83.
  1. Quelles sont les cinq expressions désignant les premiershabitants du Québec? Laquelle a été retenue?
  2. Expliquer le terme « allochtone » (l.9) D'où les personnes ainsi désignées peuvent-elles venir?
  3. Quels sont les deux partis présents chez les autochtones? En quoi s'opposent-ils?
  4. Citer un autre terme pour « idées préconçues » (l.18) En imaginer une ou deux.
  5. Quel est le problème majeur au centre des tensions entre autochtones et allochtones? Pourquoi?
  6. En quoi l'indépendance du Québec pourrait-elle nuire aux autochtones?
  7. Quel est le principe de fonctionnement d'une « réserve » (l.31)
  8. Dans quel autre pays assiste-t-on au même phénomène?

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Il n'en reste pas moins vrai [...] qu'on leur a enlevé [aux Indiens] leur liberté en les empêchant de sortir de leurs réserves sur lesquelles on assure, il est vrai, leur subsistance, qu'on a éloigné et qu'on éloigne d'eux leurs enfants que l'on veut gagner à la civilisation européenne en les internant dans des écoles où ils apprennent diverses professions, et qu'enfin, si ces Indiens veulent sortir de ces étroites réglementations, il faut qu'ils se fixent comme colons, mènent la vie des blancs qui ne convient ni à leurs goûts, ni à leurs habitudes héréditaires. Aussi, ces races autochtones, à ce point contrariées, vont-elles en décroissance et menacent-elles de disparaître à plus ou moins longue échéance.

BENOIST, Charles, 1895: Les Français et le nord-ouest canadien, Bar-Le-Duc, Imprimerie de l'oeuvre de Saint-Paul, 128: 98-99.

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Sur les premiers autochtones que rencontrèrent les Européens dans ce qui s'appelle aujourd'hui le Canada, nous ne possédons aucun état personnel, même si les relations des explorateurs signalent leur présence.
ROUSSEAU, Jacques, et BROWN, Georges W., 1966: «Les Indiens du Nord-Est de l'Amérique», dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 1, Québec - Toronto, Les Presses de l'Université Laval - University of Toronto Press, p. 5-11.

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L'eau-de-vie est la boisson que l'on sert à l'autochtone en quête de vendre ou de troquer ses fourrures. Les mesures entreprises par Mgr de Laval et Talon pour endiguer ce singulier commerce et cette funeste manie n'entrent pas dans le contexte de ce travail. Quoi qu'il en soit, le breuvage de feu reste le principal atout pour attirer l'indigène aux comptoirs français et pour l'empêcher d'aller offrir ses pelleteries aux marchands de la Nouvelle-Angleterre. Le Canadien ne prendra pas sérieusement goût à cette boisson avant la fin du XVIIe siècle.
SÉGUIN, Robert-Lionel, 1973: La civilisation traditionnelle de l'«habitant» aux 17e et 18e siècles: fonds matériel, 2e éd. rev., Montréal, Fides, 701 p. (Coll. Fleur de Lys). p. 524.

Même si Ti-Jean était pas ben gros, ni ben beau, ni ben grand, y'était fort comme un yable pis y'avait d'la jugeote pis du coeur pour une dizaine de paroisses. Y'a commencé par se dire que si un esprit malin habitait les bois, les mieux placés pour le savoir seraient sûrement la tribu d'autochtones qui habitaient dans p'tite clairière au bout des champs, en face d'la Concerne. Faque v'là-ti pas mon Ti-Jean qui s'élance, raquettes de branches d'épinettes aux pieds, raton laveur su'a tête et castors aux mains comme mitaines.
Depuis déc. 1986: L'écrit primal, revue littéraire, Québec, Université Laval, Cercle d'Écriture de l'Université Laval.
Écrit primal (L'), 2006, vol. 34, p. 99 ("La légende du Windigo") 
 
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