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La
colonisation de la Louisiane
La
Louisiane
était un territoire de la Nouvelle-France et a été explorée sous le
règne de
Louis XIV au XVIIe jusqu'à sa
vente aux
États-Unis par Napoléon en 1803. Immense espace allant des Grands
Lacs au
Golfe du Mexique, elle est divisée en deux secteurs appelés
« Haute-Louisiane » (au nord de la rivière Arkansas, appelée
parfois
le « Pays des Illinois ») et « Basse-Louisiane »
(au sud).
Le fleuve Mississippi constitue l'épine dorsale de la colonie.
Aujourd'hui, l'état américain de la
Louisiane est
beaucoup plus réduit que le territoire contrôlé par les Français il y a
trois
cents ans. La Louisiane est entourée à l'ouest par le Texas, au nord
par
l'Arkansa, à l'est par le Mississippi et au sud par le golfe du
Mexique. Mais
la Louisaine est avant tout le fruit d'une histoire particulière et
jouit
encore aujourd'hui d'un statut spécifique. Avec ses quatre millions et
demi
d'habitants, dont plus d'un million ont des ancêtres francophones, la
Louisiane
est en effet un État bilingue.
Simple avant-poste militaire sous
Louis XIV, puis colonie française jusqu'à ce qu'elle
devienne américaine, la Louisiane a
avant tout été une terre d'immigration. On peut distinguer plusieurs
phases dans
le peuplement de cette terre terminus.
 
Le
17 mai 1673, les Français Louis Jolliet et
Jacques Marquette commencent
l'exploration du fleuve Mississippi, qu'ils connaissent sous le nom
Sioux Ne
Tongo (la grande rivière). Ils atteignent l'embouchure de
l'Arkansas puis
remontent le fleuve après avoir appris qu'il coulait vers le Golfe du
Mexique
et non vers la Mer de Californie (Océan Pacifique).
En 1680, Robert
Cavelier de La Salle qui a obtenu l'autorisation
d'édifier deux postes au sud des grands lacs Érié et Michigan, descend
l'Illinois, et arrive au confluent du Mississippi ou il construit le
fort
Crèvecoeur.
Les renforts n'arrivant pas, La Salle rentre au fort
Frontenac. L'année suivante il repart et continue la descente du
fleuve. Il séjourne chez les Arkansas, les Taensas et les
Natchez (cf. carte),
le
climat se réchauffait progressivement. Le 9
avril 1682, le notaire de l'expédition de La
Salle enregistre l'acte de baptême de la nouvelle colonie,
nommée Louisiane et La Salle
fait ériger une croix en
l'honneur du
Roi. L'expansion de la Louisiane jusqu'au Delta est financée
grâce à
l'argent de la Compagnie des Indes qui implante des concessions et
des missions.
Les
premiers immigrants (environ 7 000) qui viennent
s'ajouter à la
population autochtone amérindienne, sont en majorité des volontaires
ainsi que
quelques émigrants forcés, des prisonniers du royaume et quelques
soldats.
L'expansion de la colonie et le développement des plantations
s'accélère avec
l'immigration forcée des esclaves africains. C'est en 1717 que le
ministre des
finances John Law décide d'importer des esclaves noirs en Louisiane.
Son
objectif est alors de développer l'économie de plantation, la colonie
du
Mississippi ne comptant que 550 personnes dont 300 soldats. La
compagnie des Indes
détient le monopole de la traite dans la région et importe environ 6000
esclaves. Les premiers immigrants s'installent autour des voies d'eau
principales, sur le Mississippi notamment, non loin de la capitale
Nouvelle-Orléans fondée en 1718.
Cependant la guerre avec les indiens
(Natchez, Chicachas) précipite la fin de
la Compagnie des Indes et il faudra attendre l'arrivée du nouveau
gouverneur
Vaudreuil pour mettre fin aux conflits franco-indiens, mais déjà c'est
la
guerre franco-anglaise qui isole la Louisiane. La Louisiane française
est
relativement peu mise en valeur par manque de moyens humains et
financiers,
mais la monarchie la conserve pour faire face à l'impérialisme anglais.
En 1755
environ 3000 Acadiens expulsés de leur patrie par les Anglais dans le
contexte
d'une opération de nettoyage ethnique arrivent en Louisiane qui devient
leur
nouvelle terre d'accueil. En français louisianais on les appelle
Cadiens ou
Cajuns et ils forment un groupe ethnique bien défini par leur
descendance des
Acadiens d'Acadie. Effectivement, les colons britanniques sont 100 fois
plus
nombreux en Louisiane et les conflits permanents avec les Français
conduisent à
l'abandon de la Louisiane par les Français lors du Traité de Paris en
1763.
Cette date symbolise la perte de l'Amérique du Nord et met fin à la
première
vague d'immigration
Explorée sous le règne du roi soleil, la
monarchie joue des alliances avec les
divers peuples amérindiens pour se maintenir en Louisiane face à
l'impérialisme
anglais. Les défaites de la guerre de Sept Ans finissent par avoir
raison de la
Louisiane française qui est cédée aux Britanniques et aux Espagnols. La
France
récupère un temps sa souveraineté sur la portion espagnole de la
Louisiane,
mais Napoléon Bonaparte s'en sépare définitivement en 1803 au profit
des
États-Unis.
La cession
à
l'Espagne et à l'Angleterre
Entre
1682 et 1803 les Français occupent la Lousiane à l'ouest
du Mississippi
et la Nouvelle Orléans, territoires cédés à
l'Espagne par le Traité de
Paris (1763) et vendus aux États-Unis
en 1803
par Napoléon, ainsi que les
parties
à l'est du Mississippi, cédées à
l'Angleterre en 1763. Lors de l'indépendance
américaine, ces territoires reviennent de droit aux
États-Unis. La
Floride espagnole, c'est-à-dire la bande de territoire le long
du golf
du Mexique a été reprise aux Anglais en 1783 et est
cédée aux
États-Unis en 1819 (la Floride occidentale en 1812). (Cliquez
ici pour voir apparître les territoires cédés
aux États-Unis.)
La deuxième vague
d’immigration
est essentiellement due à la situation politique de l'Empire Français.
D'anciens colons français évincés par la révolte des esclaves à
Saint-Domingue,
des bonapartistes fuyant la Restauration ainsi que de nombreuses
familles
cherchant à échapper aux troubles sociaux politiques ou économiques
fuient vers
ce havre de paix. Entre 1820 et 1860, ce sont au moins 50 000 Français
qui
émigrent vers la Louisiane française, faisant de la Nouvelle-Orléans le
deuxième port américain de l’époque. La dernière vague d’immigration,
moins
importante, se situe entre 1856 et 1965 et est essentiellement composée
de
canadiens français.
Ces immigrants
ne sont toutefois
pas absorbés
par la Grande Amérique mais importent leur culture francophone et cela
même
après la vente de la Louisiane à l'Amérique en 1803. Les habitants
francophones
continuent de cultiver leurs différences avec leurs théâtres, leurs
journaux,
leurs précepteurs noirs, ... Les cadiens, installés dans la région des Bayous ont par exemple emporté avec eux
de belles ballades qui racontent des histoires du Bon Temps qui
Roule... Ces
derniers gardent aussi leur langue, le cajun. Dialecte français, il est
symbolique de cet attachement des Acadiens à leur culture.
La guerre de
Sécession
met toutefois fin à cette période
dorée. En 1865, la plupart des riches familles créoles sont en effet
ruinées et
la nouvelle constitution proclame l’anglais comme la seule langue
officielle et
autorisée. C’est le déclin de la culture française en Louisiane. État
le plus
riche de la Nation en terme de revenu en 1860, il est le plus pauvre
dix ans
plus tard. C'est également à la fin du XIXème siècle que des mesures
sont
prises pour remplacer le français. Le gouvernement entend coûte que
coûte faire
de l'anglais la langue obligatoire. Cette uniformisation commence dès
le plus
jeune âge à l'école (loi de 1916 rendant l'école obligatoire et
interdisant le
français) : les contrevenants sont condamnés à copier la phrase I will not speak french.
Il faudra en fait
attendre presque un siècle pour assister à
une évolution de la situation.
Après la seconde guerre
mondiale, une première étape est
franchie avec la reconquête d'une fierté et la découverte d'une culture
acadienne. A partir de 1968, on parle véritablement de Renaissance
de la Louisiane avec notamment l'instauration de
programmes scolaires bilingues et le recours à des enseignants
français, belges
ou québécois ainsi que la création du Codofi, organisme chargé de
promouvoir le
français. Cette renaissance atteint son apogée avec l'élection en 1971
d'Edwin
Ewards, premier gouverneur francophone de la Louisiane au XXe siècle.
Source: L'excellent
site développé par le
ministère de la
culture - http://www.louisiane.culture.fr/fr/index.html
Source: http://fr.wikipedia.org/wiki/Louisiane_(Nouvelle-France)
Geomagazine, Histoire du
Québec à la
Louisaine sur les traces des
Français
d'Amérique, Préface de L. Patrick et Olivier Poivre d'Arvor,
Hors-série, 2006.
Sujets d’étude sur la
Louisiane :
1.
Sur une carte
muette,
situez la Louisiane,
les États voisins et la Nouvelle Orléans.
2.
Vous décrirez
ensuite en
quelques lignes
la situation géographique de la Louisiane.
3.
Quelle est la
particularité de la
population de la Louisiane ?
4.
Comment s’appelait
autrefois le fleuve
Mississipi ?
5.
Qui est La
Salle ?
6.
Quand la Louisiane
a-t-elle été
officiellement fondée en tant que colonie ?
7.
Qu’est ce que la
Compagnie des
Indes ?
8.
Quelles ressources
naturelles la Louisiane
possède-t-elle ?
9.
A quelle
« main
d’œuvre »
fait-elle appel pour développer ces ressources ?
10.
Pourquoi la France
veut-elle à tout prix
garder la Louisiane ?
11.
Qui sont les
Cadiens ?
12.
Par qui et pourquoi
ont-ils été
expulsés ?
13.
Faites une
recherche.
Quels sont les
principaux enjeux de la Guerre de Sept Ans ?
14.
Qui est le Roi
Soleil ?
15.
Quelle est la
principale
cause de la
deuxième vague d’immigration vers la Louisiane? Développez.
16.
Faites une petite
recherche et citez les
grandes étapes de l’histoire de la ville de Nouvelle-Orléans.
17.
Les cadiens se
trouvent-ils noyés dans le
melting pot américain ? Justifiez votre réponse.
18.
Qu’est ce que la
Guerre
de
Sécession ?
19.
Quelles sont les
mesures
prises par le
gouvernement américain pour évincer le français de la Louisiane ?
20.
Pourquoi parle-t-on
de
renaissance de la
Louisiane à partir de 1968 ?
21.
Qui est Edwin
Ewards ?
22.
Qui sont les
« créoles » ?
23.
Faites une petite
recherche et donnez deux
exemples de mesures prises par le Codofi pour promouvoir le français.
24.
Choisissez un
aspect de
la culture cajun
(la musique, la langue, les bayous, la littérature, etc.) et faites un
petit
exposé (10-15 min) par groupe de 2 ou 3.
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Ma
Louisiane –
Zarchary Richard
Oublie voir pas
qu'on est Cadien
Mes
chers garçons et mes chères petites filles.
On était
en Louisiane avant les Américains,
On sera
ici après qu'ils sont partis.
Ton papa
et ta maman étaient chassés de l'Acadie
Pour le
grand crime de parler français,
Mais ils
ont trouvés un beau pays,
Merci
Bon Dieu pour La Louisiane.
La
Louisiane, ma Louisiane
Si belle
au printemps
Si
fertile en été
Si doux
en automne
Pas
mauvais en hiver,
Moi je
suis fier d'être Cadien.
Oublie
voir pas, mes chers enfants
Les
manières du vieux temps passé,
Le ciel
et la terre ont beaucoup à nous montrer
Écoute
les paroles des vieux Cadiens.
{Chorus}
Zachary Richard, Les Editions du Marais Bouleur |
Assimilation
–
Zarchary Richard
Assimilation,
si pas pareille au moins beaucoup parent,
Assassination, jusqu’à ce que toi tu sois moi, et moi je sois mort.
Désécration, Pouvu que tout devienne toute la même chose.
Endoctrination, Les machines qui prennent la place de l’homme.
En
mille sept cents et cinquante cinq,
De dans la Louisianne,
Y’avait déjà des fatras de Cadiens,
Mais tracasse toi pas, y’en n’a plus qui reste,
Y’en n’a plus qui reste bien, bien.
Sont devenus tous de bons Américains.
Parle
pas français, fais comme les autres,
Chante pas ta vieille chanson.
Porte ta cravate et porte la honte,
Ferme ta gueule et fais ce qu’on t’a appris.
T’es éduqué jusqu’à
dedans tes caleçons.
Assimilation,
si pas pareille au moins beaucoup parent,
Assassination, jusqu’à ce que toi tu sois moi, et moi je sois mort.
Désécration, Pouvu que tout devienne toute la même chose.
Endoctrination, Les machines qui prennent la place de l’homme.
Tchoupoule
était un Lafidji, vivant dans grand bayou.
Li couraillait, le galopait dans la boue.
C’est vrai li pas gain un tas l’argent, li couchait dans la boue,
Mais, sacré chose, ce neg’ y était content.
Jusqu’au jour que l’Américain est venu pour li montrer
Au pauv’ ‘tit neg’ comment li était pauv’.
Pour que li change toute sa liberté de faire ce que li voulait
Contre cinq sous de l’heure et douze heures par jour de job.
Assimilation,
si pas pareille au moins beaucoup parent,
Assassination, jusqu’à ce que toi tu sois moi, et moi je sois mort.
Désécration, Pouvu que tout devienne toute la
même chose.
Endoctrination, Les machines qui prennent la place de l’homme.
Libération
Zachary Richard, Les Editions du Marais Bouleur
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Cœur de cajuns –
Edith Butler
Paroles et
musique : Bruce Daigrepont
Album : Ca
swingue
La joie de
vivre,
c'est dans l'accordéon,
La joie de
vivre,
c'est dans les belles chansons.
La musique c'est
une
tradition
Et c'est dans
les
cœurs de tous les Cajuns.
Chagrin de cœur,
c'est
dans l'accordéon,
Chagrin de cœur,
c'est
dans les belles chansons.
La musique,
c'est une
tradition,
Et c'est dans
les
cœurs de tous les Cajuns.
Dansez ensemble
les
vieux et les jeunes.
Priez ensemble
les
vieux et les jeunes
La tradition
c'est
pour tout quelques uns
Et c'est dans
les
cœurs de tous les Cajuns.
Un 'tit bébé
dans les
bras de sa maman,
Appris valser dans les bras
de sa maman.
Il va apprendre
la
tradition
Et c'est dans
les
cœurs de tous les Cajuns.
La joie de
vivre,
c'est dans l'accordéon,
La joie de
vivre,
c'est dans les belles chansons.
La musique c'est
une
tradition
Et c'est dans
les
cœurs de tous les Cajuns.
Chagrin de cœur,
c'est
dans l'accordéon,
Chagrin de cœur,
c'est
dans les belles chansons.
La musique,
c'est une
tradition,
Et
c'est dans les cœurs de tous les Cajuns. |
La
littérature
d'expression française au XIXe siècle
Alfred Mercier,
L'Habitation Saint-Ybars
ou Maîtres et Esclaves en Louisiane, 1881, (extrait, chapitre 1)
Editions Tintamarre, Centenary College,
Shreveport
(La.)
Source: http://www.louisiane.culture.fr/fr/pdf/mercier.pdf
ou cliquez ici
Texte intégrale en 52 chapitres: http://www.centenary.edu/frenche/ybars/
Sidonie de La
Houssaye,
Les petits soldats
Source: http://www.louisiane.culture.fr/fr/pdf/houssaye.pdf
ou cliquez ici
Camille Naudin, La «
Marseillaise » Noire
Source: http://www.louisiane.culture.fr/fr/pdf/naudin.pdf
ou cliquez ici
Littérature
du XXe
siècele
Jean Arceneaux, Je suis Cadien (extrait), tiré
de
Suite du loup,
1998,
Editions Perce-Neige, Moncton
Source: http://www.louisiane.culture.fr/fr/pdf/arceneaux.pdf
ou cliquez ici
Richard Guidry,
L'Espoir,
tiré de C’est p’us
pareil
Editions de La Nouvelle-Acadie, University of
Louisiana, Lafayette (La.)
Source: http://www.louisiane.culture.fr/fr/pdf/guidry.pdf
ou cliquez ici
Jean Chéramie, A 22
000
pieds
au-dessus du
Canada
© Jean Chéramie
Source: http://www.louisiane.culture.fr/fr/pdf/cheramie.pdf
ou cliquez ici
Beverly Matherne,
Les
fils, tiré de La
Grande
Pointe, 1995
Stanley Barkan Publisher – Cross Cultural
Communications
Source: http://www.louisiane.culture.fr/fr/pdf/matherne.pdf
ou cliquez ici
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