A la découverte du Québec (ppt)

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Au 17e siècle, l'habitant est le nom réservé à la personne qui a pris la décision de s'habituer à la Nouvelle-France et de l'habiter.

Le peuplement de la Nouvelle-France était la clé d’un développement équilibré et profitable. La Compagnie des Cent-Associés qui avait obtenu le droit exclusif du commerce des fourrures en Nouvelle-France, a été la première à ne pas respecter l’engagement d’y transporter des milliers de futurs colons. Quant à la France, qui avait forgé le projet d’y faire surgir une société prospère, elle ne répondit qu’à quelques-unes des requêtes adressées par les gouverneurs et par les intendants chargés de l’administration de la colonie.

C’est pourquoi les Français qui ont émigré en Nouvelle-France, entre 1608 et 1760, ont formé un contingent moins considérable que prévu à l’origine. Citadins ou villageois ; hommes de métier ou agriculteurs, seulement 10 000 ont individuellement, spontanément et librement participé au projet de colonisation de la vallée du Saint-Laurent.

En 1760, alors que le drapeau anglais flotte au-dessus de la ville fondée en 1608 par Samuel de Champlain, 70 000 personnes d'origine française vivent dans l’ex-colonie française. En Nouvelle-Angleterre à la même époque on recense déjà près de 2 500 000 habitants d’origine européenne. Trente-cinq fois plus qu’au Canada !

Les futurs colons de Nouvelle-France quittent des villages du nord et de l'ouest de la France. Ils partent seuls, avec leur famille ou par petits groupes. Ils sont principalement originaires du Poitou, de Charente, de Normandie, du Perche, de l'Aunis ou de l'Île de France.

Le port de Saint-Malo a vu partir Jacques Cartier et les pêcheurs du 16e siècle, Honfleur, a salué le départ de Samuel de Champlain, mais au 17e siècle, c’est à La Rochelle et à Dieppe qu’on assiste aux embarquements des futurs colons. La plupart d’entre eux sont des soldats, des ouvriers ou des domestiques qui, par le biais d’un contrat les liant à un recruteur, un armateur ou à un marchand ont accepté de faire l’expérience d’un séjour dans la colonie. Ce sont les engagés.

Bon an, mal an, les grandes compagnies, ont transporté quelques dizaines de futurs colons. Entre 1663 et 1673, Louis xiv contribue personnellement au recrutement de plusieurs centaines de filles du roy. Elles sont destinées à s’unir aux habitants de la colonie qui compte peu de femmes en âge de se marier. Les guerres iroquoises entraînent, en 1665, l’envoi de soldats du régiment de Carignan-Salières. stimulent le peuplement. Du millier de soldats débarqués alors, près de quatre cents vont accepter les terres et les allocations qui leur sont distribuées pour s’établir dans la colonie et y fonder une famille.

© Musée de la Nouvelle-France – Société du Musée canadien des civilisations / Bibliographie


Hochelaga


Village indien sur l’emplacement duquel fut bâtie la ville canadienne de Montréal.


Hiver



© Musée de la Nouvelle-France – Société du Musée canadien des civilisations

Transcription du texte
Les froids y sont-ils grands l'hiver ? Il y a quelques journées qui sont bien rudes, mais cela n'empêche point que l'on ne fasse ce que l'on a à faire; on s'habille un peu plus qu'à l'ordinaire; on se couvre les mains de certaines moufles, appelées en ce pays-ci des mitaines : l'on fait bon feu dans les maisons, car le bois ne coûte rien ici qu'à bûcher et à apporter au feu. On se sert de boeufs pour le charrier, sur certaines machines qu'on appelle des traînes : cela glisse sur la neige, et un boeuf seul en mène autant que deux boeufs feraient en été dans une charrette. Et comme l'ai déjà dit, la plupart des jours sont extrêmement sereins, et il pleut fort peu pendant l'hiver. Ce que j'y trouve de plus importun, c'est qu'il faut nourrir les bestiaux à l'étable plus de quatre mois, à cause que la terre est couverte de neiges pendant ce temps-là: si la neige nous cause cette incommodité, elle nous rend d'un autre côté un grand service, qui est qu'elle nous donne une facilité de tirer les bois des forêts, dont nous avons besoin pour les bâtiments, tant de terre que d'eau, et pour autres choses. Nous tirons tout ce bois de la forêt, par le moyen de ces traînes dont j'ai parlé, avec grande facilité, et bien plus commodément, et à beaucoup moins de frais, que si c'était en été par charrette.


Hiver

L'hiver déchire les sentiments au Québec. Tantôt haï, tantôt vénéré, tantôt toléré, tantôt rejeté, la saison blanche a été diversement évaluée au fil de l'histoire.

"Saison assassine" lors de l'arrivée des premiers colons, l'hiver québécois tue une grande partie de l'équipe de Cartier, qui ayant visité le Québec pour la première  fois en été, avait cru trouver au Québec des terres baignées de chaleur... Soixante-quatre années plus tard, Samuel Champlain ne retient pas la leçon et l'hiver québécois fait à nouveau des ravages. Peu à peu, les Canadiens français s'adaptent toutefois à cette saison mortelle et l'hiver devient même une saison appréciée, rythmée par les fêtes, où l'on se retrouve autour du feu.

Les changements amorcés par la Révolution industrielle mettent toutefois fin à l'amour pour la saison blanche. Ils ne se limitent en effet pas au niveau économique mais donnent naissance à de nouveaux "comportements", dont  la lutte contre l'hiver  fait partie. On pourrait avancer que l'hiver n'apparaît peu à peu plus comme un obstacle, mais ceci n'est en réalité que la conséquence de sa disparition progressive. La société moderne s'attache en effet à gommer tous les signes de l'hiver: la neige est ainsi balayée des trottoirs par les "éboueurs nouvelle génération", les déneigeurs; de nombreux équipements (tunnels et parkings souterrains) sont mis en place et permettent ainsi de se rendre au travail ou au supermarché sans mettre le nez dehors... Même l'industrie du cinéma participe à cette éviction de la saison blanche: les films sont tous tournés en été et ne montrent toujours que chaleur: soleil et sable chaud. L'hiver se détache donc peu à peu de notre imaginaire.

Cette perte se traduit par des réactions absurdes: la moindre perturbation barométrique prenant ainsi l'allure de catastrophe. Ressenti comme un frein potentiel au progrès de la nation, l'hiver est aussi maintenant source de dépression hivernale au sein des esprits... Les quelques 5% de la population partant vers le soleil sont regardés avec envie...

Même si l'existence d'un contre-discours mené par des "amoureux de l'hiver" existe, il se limite toutefois à montrer le côté ludique de la saison et n'aborde pas du tout celle des perturbations économiques qu'elle peut engendrer.

Ce problème d'une part de la perte d'un rythme saisonnier et d'autre part d'une lutte acharnée contre la saison froide a été à plusieurs reprises abordé par des sociologues, géographes ou historiens. Ainsi, ... évoque une incohérence majeure: le travail industriel est né sous d'autres climats et ne fait donc pas sens au Québec. Il propose donc dans cette perspective de décoloniser l'hiver et de remettre les choses à la bonne place.

Cf. Arcand, Bernadr (2001) : « Mon grand-père aimait l'hiver ».  Dans : Batigne, Stéphane (éd.) (2001) : Québec  - Espace et sentiment. Paris : Éditions Autrement – collection Monde HS no 124: 122-133.


Sujets d'étude

1.      Que désigne l'expression la « saison blanche » ?

2.      Pourquoi est-elle une « saison assassine » ?

3.      A partir de quel événement commence-t-on à lutter contre cette saison et pourquoi?

4.      A quoi (à quel moment apprécié) renvoient les notions de « chaleur, soleil et sable chaud » ?

5.      Quel effet psychologique peut avoir l'hiver? Décrire cet état.

6Expliquez la phrase du dernier paragraphe « Le travail industriel est né sous d'autres climats et ne fait donc pas sens au Québec. »  Où le travail est-il né et par qui a-t-il été apporté au Québec?

L’HIVER AU XVIIème  SIECLE

Le 27 du mois de novembre, l’hiver, qui avait déjà paru comme de loin, de temps en temps, nous assiégea tout à fait. Car ce jour et les autres suivants, il tomba tant de neige qu’elle nous déroba la vue de la terre pour cinq mois.

Voilà les qualités de l’hiver : il a été beau et bon et bien long. Il a été beau, car il a été blanc comme neige, sans crottes et sans pluie. Je ne sais s’il a plu trois fois en quatre ou cinq mois, mais il a souvent neigé. Il a été bon, car le froid y a été rigoureux ; on le tient pour l’un des plus fâcheux qui ait été depuis longtemps. Il y avait partout quatre ou cinq pieds de neige, en quelques endroits plus de dix, devant notre maison, une montagne ; les vents la rassemblant, et nous d’un autre côté, la relevant pour faire un petit chemin devant notre porte, elle faisait comme une muraille toute blanche, plus haute d’un pied ou deux que le toit de la maison. Le froid était parfois si violent que nous entendions les arbres se fendre dans le bois, et en se fendant, faire un bruit comme des armes à feu. Il m’est arrivé qu’en écrivant tout près d’un grand feu, mon encre se gelait, et par nécessité, il fallait mettre un réchaud plein de charbons ardents ; autrement j’eusse trouvé de la glace noire au lieu de l’encre.

Cette rigueur démesurée n’a duré que dix jours ou environ, non pas continuels, mais à diverses reprises ; le reste du temps, quoique le froid surpasse de beaucoup les gelées de France, il n’y a rien d’intolérable, et je puis dire qu’on peut ici plus aisément travailler dans les bois qu’on ne fait en France, où les froids de l’hiver sont importuns. Mais il se faut armer de bonnes mitaines si on ne veut avoir les mains gelées. Nos Sauvages néanmoins s’en venaient quelquefois chez nous à demi nus sans se plaindre du froid. Ce qui m’apprend que si la nature s’habitue à cela, la nature et la grâce pourront bien nous donner assez de c½ur et de force pour le supporter joyeusement ; s’il y a du froid, il y a du bois.

J’ai dit que l’hiver a été long ; depuis le 27 novembre jusqu’à la fin d’avril, la terre a toujours été blanche de neige ; et depuis le 29 du même mois de novembre jusqu’au 23 avril, notre petite rivière a toujours été glacée, mais en telle sorte que cent carrosses auraient passé dessus sans l’ébranler. Tout cela ne doit épouvanter personne. Chacun dit ici qu’il a plus enduré de froid en France qu’en Canada. Le scorpion porte son contrepoison ; dans les pays plus sujets aux maladies, il y a plus de remèdes. Si le mal est présent, la médecine n’est pas loin.

Père Paul Le Jeune (1636) : Relation des Jésuites. Dans : TETU De LABSADE, Fran?oise (1990): Le Québec. Un pays, une culture, Montréal : Boréal/Seuil : 24.


Sujets d'étude

1.      Qui est l'auteur et dans quel but s'est-il vraisemblablement rendu au Québec?

2.      Quelles sont selon lui les trois qualités de l'hiver? Pourquoi?

3.      Que désigne l'expression « muraille toute blanche » et pourquoi l'auteur l'emploie-t-il?

4.      A quoi sert précisément « un réchaud plein de charbons ardents »  à l'auteur?

5.      Quel est le sentiment de l'auteur par rapport à cet hiver très rigoureux?

6.      Comment l'auteur désigne-t-il les autochtones? Ce terme est-il ici péjoratif?

7.      A quel phénomène, propre à chaque peuple vivant en conditions extrêmes, fait-il allusion?

8.      Quels sont les deux phénomènes naturels, caractéristiques de l'hiver, présents dans tout le texte?

  • Question sur les deux textes : Retracer chronologiquement l'évolution des rapports des hommes à l'hiver en en indiquant si possible les raisons.

Hiver

Extraits de Jean Rivard, le défricheur, 1862 (Cf. le roman en PDF.)

(Extrait, p. 54-55)

« Mais avant de passer plus loin, disons un mot des heures de loisir et des heures d'ennui qui furent le partage de nos défricheurs durant le premier long hiver qu'ils passèrent au milieu des bois.

Chapitre IX : Les heures de loisir et les heures d'ennui
 
Le lecteur s'est déjà sans doute demandé plus d'une fois comment nos défricheurs passaient leurs longues soirées d'hiver?  D'abord il ne faut pas oublier que jamais Jean Rivard ne laissait écouler une journée sans écrire. Il tenait un journal régulier de ses opérations et notait avec un soin minutieux toutes les observations qu'il avait l'occasion de faire durant ses heures d'activité. »
 
(Extrait, p.59-60)
  « Lorsque, au commencement de l'hiver, une légère couche de neige vint couvrir la terre et les branches des arbres, le changement de scène le réjouit; la terre lui apparut comme une jeune fille qui laisse de côté ses vêtements sombres pour se parer de sa robe blanche. Aux rayons du soleil, l'éclat de la neige éblouissait la vue, et quand la froidure ne se faisait pas sentir avec trop d'intensité, et que le calme régnait dans l'atmosphère, un air de gaîté semblait se répandre dans toute la forêt. Un silence majestueux, qui n'était interrompu que par les flocons de neige tombant de temps à temps de la cime des arbres, ajoutait à la beauté du spectacle. Jean Rivard contemplait cette scène avec ravissement. »
 
(Extrait, p.61)
« C'était surtout le dimanche et les jours de fête que son isolement lui pesait le plus. Habitué à la vie si joyeuse des campagnes canadiennes, où à l'époque dont nous parlons, les familles passaient souvent une partie de l'hiver à se visiter, à danser, chanter, fêter; les jeunes gens à promener leurs blondes, les hommes mariés à étaler par les chemins leurs beaux attelages, leurs beaux chevaux, leurs belles carrioles »
 
Sujets d'étude:

1.      Pourquoi Jean Rivard peut-il éprouver le besoin de décrire ses journées dans un journal?
2.      Que symbolise la « robe blanche » de la jeune fille?
3.      Comment Jean Rivard ressent-il son isolement? Pourquoi la situation est-elle plus dure à supporter en hiver qu'en été?


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10 mars 2008 : ville de Québec
« C’est fait. Québec a officiellement établi un nouveau record de neige tombée au cours d’un hiver. En date de dimanche, la région avait reçu 460,1 centimètres, éclipsant l’ancienne marque de 457,7 en 1965-66. Et ce n’est pas fini... La tempête de samedi a aussi permis d’établir un nouveau record de force des vents pour un mois de mars. Toujours à l’aéroport, les instruments ont enregistré des pointes de 122 km/h. Le précédent record était de 111 km/h. Sur l’île d’Orléans, il y a eu, samedi, des rafales de 133 km/h. » (Le Soleil)

Le hockey sur glace

Cf. McKinley, Michael (2006) : Hockey. La fierté d’un peuple. Montréal : Montréal : Fides.

« Le hockey sur glace est un élément fondamental de la culture québécoise. C’est un sport d’hiver que tout enfant se doit de pratiquer, un spectacle passionnant de vitesse et de violence, un rituel qui permet d’opposer les villes nord-américaines les unes aux autres, l’objet de discussion sans fin entre amateurs et avertis. » (Dupays 1988 :39)

Le hockey sur glace fait partie des quatre grandes ligues professionnelles en Amérique du Nord (hockey, base-ball, basket-ball, football américain).

Un match de hockey se déroule sur une patinoire. Pendant celui-ci s'affrontent deux équipes de six joueurs chacune (cinq joueurs, trois attaquants et deux défenseurs, et un goal). Ils portent des patins à glace et un équipement spécial les protégeant des coups et du palet qui peut atteindre la vitesse de 180 km/h. Le but du jeu est en effet d'envoyer ce palet dans les cages de l'équipe adverse. Le hockey sur luge est le handisport dérivé du hockey sur glace.

Le premier match de hockey sur glace est disputé à Montréal le trois mars 1875. Des clubs de hockey sont très vite créés dans les universités, les premiers sont dans les universités de Mc Gill et d'Oxford. La première équipe professionnelle, les Portage Lakers, est fondée en 1903. En 1909, est fondée la plus vieille équipe encore existante à l'heure actuelle, le Club de Hockey Canadien. La Ligue Nationale de Hockey (LNH) est créée en 1917. La LNH est une association sportive professionnelle regroupant les équipes de hockey du Canada et des Etats-Unis. Les équipes sont réparties dans six divisions : divisions Atlantique, Nord-Est, Sud-Est, formant la Conférence de l'Est, et les divisions Nord-Ouest, Centrale, Pacifique, formant la Conférence de l'Ouest. Le niveau de cette ligue est le meilleur du monde et les joueurs sont en grande partie d'origine canadienne. Le hockey sur glace devient un sport olympique en 1920 et dix ans plus tard, en 1930, se déroulent les premiers championnats du monde de hockey.

Il existe une Coupe du monde de hockey. Le championnat le plus connu et le plus coté reste cependant celui de la NHL, la Ligue Nationale de Hockey en Amérique du Nord. Le champion remporte la Coupe Stanley. Cette coupe est le plus ancien trophée d'Amérique du Nord. Elle représente vraiment l'excellence en matière de hockey. La   version originale de la coupe est conservée au Temple de la renommée du hockey. Cet édifice est situé à Toronto et accueille les meilleurs joueurs de hockey. Chaque année y sont admis quatre joueurs, deux bâtisseurs (non-joueurs mais en rapport avec le monde du hockey) et un arbitre ou un juge de ligne. La Coupe Stanley a été remportée cinq fois de 1956 à 1960 par les Canadiens de Montréal, équipe professionnelle de hockey sur glace. Ce club est le plus titré des clubs de hockey. Les joueurs sont surnommés les « Glorieux ».

Un de ces « Glorieux », et de loin le plus célèbre, est Maurice Richard. Ce joueur a fait ses débuts avec le Canadien en 1942. Il a beaucoup contribué à hisser l'équipe à son niveau d'excellence. En mars 1955, survient une bagarre lors d'un match, à la suite de laquelle Richard est suspendu de jeu. La sentence est jugée trop sévère par ses supporters et quelques jours après survient une émeute, l' « émeute du Forum » (le Forum étant le nom de la patinoire où se disputaient alors les matchs). Bien que Richard ne se soit jamais engagé politiquement, beaucoup ont vu dans cette émeute, la première manifestation du nationalisme québécois moderne. En effet, Richard était un Canadien francophone et le président ayant condamné le joueur était anglophone. Les partisans montréalais ont donc soutenu « Richard le persécuté »! Le joueur était une véritable légende vivante comme symbole de courage, fierté et obstination. A sa mort en mai 2000, Richard a eu droit à des funérailles nationales.

L'exemple de Richard montre l'importance et le succès populaire du hockey au Québec. Celui-ci se reflète également dans le cinéma avec par exemple le film Les Boys sorti en 1997 et considéré comme le plus grand succès populaire du cinéma québécois. De nombreuses séries télévisées se réfèrent également au monde du hockey. Enfin, phénomène le plus étonnant, ce sport a eu une influence sur le théâtre avec la création d'une nouvelle « discipline », le match d'improvisation. Les acteurs doivent jouer des saynettes à partir de thèmes non connus à l'avance. Ils s'affrontent en équipes et plusieurs détails (vestimentaires par exemple) font allusion au hockey.

Malgré cela, avec la professionnalisation du hockey, le nombre de licenciés amateurs baisse sensiblement. Les joueurs sont payés de plus en plus cher, et un exemple de l'enrichissement des équipes est la construction en 1996 du Centre Bell à Montréal, domicile des Canadiens et de la LNH. D'origine modeste et amateur, le hockey est devenu une affaire de plusieurs millions de dollars, mais il reste le sport national des Canadiens et l'emblème de tout un peuple.


Sujets d'étude:
  1. Quel est le principe d'un match de hockey?
  2. Qu'est-ce qu'un « handisport »? En citer un autre exemple.
  3. Qu'est ce qu'une « division »?
  4. Quelles sont les deux récompenses que peut espérer le meilleur joueur de hockey du monde?
  5. Pourquoi l'émeute du Forum peut-elle être considérée comme la « première manifestation du nationalisme québécois moderne »? Comment celui-ci peut-il également s'exprimer?
  6. Quels sont les différents médias dans lesquels se reflète le succès du hockey?
  • Cf. Dion, Jean (2001) : « Le hockey au coeur ». Dans : Batigne, Stéphane (éd.) (2001) : Québec  - Espace et sentiment. Paris : Éditions Autrement – collection Monde HS no 124: 174-183.

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Roch Carrier  « Une abominable feuille d'érable sur la glace ou Le Chandail de Hockey », 1979

Le Chandail de Hockey - Texte Roch Carrier; Illustrations: Sheldon Cohen


Contrat de Licence : « The Rocket Scores », by Saul Miller
Canadien Museum of History,2006, 148,1, IMG2009-0231-0001-Dm


Le hockey sur glace est le sport national du Canada et du Québec. Dans son conte « Une abominable feuille d’érable sur la glace », le romancier québécois Roch Carrier raconte l’histoire d’un garçon qui rêve de jouer un jour dans l’équipe des « Canadiens » de Montréal : « Les hivers de mon enfance étaient des saisons longues, longues. Nous vivions en trois lieux : l’école, l’église et la patinoire ; mais la vraie vie était sur la patinoire. Les vrais combats se gagnaient sur la patinoire. La vraie force apparaissait sur la patinoire. Les vrais chefs se manifestaient sur la patinoire. » (Roch Carrirer 1984 : Le Chandail de Hockey. Montréal : Livres Toundras, p. ).  

Ce conte qui est basé sur une histoire vécue par l'auteur qui a grandi dans un endroit retiré du Québec dans les années 1940, est un classique de la littérature québécoise et de la littérature canadienne et montre sous une forme allégorique les tensions culturelles et linguistiques entre les Canadiens anglais et les Québécois. En 1980 l'oeuvre de Carrier est adaptée sous forme d'un court métrage d'animation distribué par l'Office national du film du Canada. C'est avec beaucoup d'humour et de nostalgie, que l'animation ressucite l'époque des années 1940 où tous les jeunes étaient subjugués par leur idole, Maurice Richard. L'écrivain Roch Carrier n'y échappa point et il nous livre ici les impressions et les sentiments d'une enfance empreinte des modèles du temps.

Cf. le résumé sur Wikipedia: Lorsque le chandail Canadiens de Montréal de Roch Carrier est usé, sa mère écrit un mot et envoie de l'argent à la compagnie d'Eaton pour en commander un nouveau. Elle envoie une lettre manuscrite puisque la compagnie n'offre pas de bons de commande imprimés en français.

Malheureusement, la compagnie envoie un chandail des Maple Leafs de Toronto, les plus grands rivaux (anglophones) des Canadiens (francophones). Étant un loyal partisan des Canadiens, Carrier proteste contre le fait de devoir porter le nouveau chandail. Toutefois, sa mère refuse de lui laisser porter son vieux chandail complètement usé et, apparemment pas au courant de la politique traditionnelle de l'entreprise dont celle-ci fait la promotion (« Satisfaction garantie ou argent remis »), elle souligne que, si le chandail était retourné, cela pourrait insulter M. Eaton, un Canadien anglais et lui-même partisan des Leafs.

Finalement, le jeune Carrier est contraint de porter le chandail des Maple Leafs lors de sa partie de hockey. Il se sent humilié devant les autres joueurs de hockey présents sur la glace, chacun portant fièrement son chandail des Canadiens. L'entraîneur refuse de laisser jouer Carrier. Ce dernier brise alors férocement son bâton de hockey sous l'effet de la colère avant de se rendre à l'église, où il prie Dieu pour que le chandail des Maple Leafs soit entièrement dévoré par des mites et qu'il n'en reste plus une miette.


Visionnez le film ci-dessous 10:25 et écouter un extrait audio lu par Charles Moisan Willis




Le film en version anglaise

Ce court métrage d'animation ressuscite l'époque des années 1940, où tous les jeunes étaient subjugués par leur idole, Maurice Richard. L'écrivain Roch Carrier n'y échappa point et il nous livre ici, avec humour et nostalgie, les impressions et les sentiments d'une enfance empreinte des modèles du temps.

Roch Carrier parle aux enfants

Le Président d’honneur Roch Carrier parle aux jeunes du livre « Le Chandail de Hockey » en 6 parties de 1 à 5 minutes (émission du 11.03.2015).

Partie 1 de 6
2 :27-4 :15 Question d’un enfant à R. Carrier : « Pourquoi la fin de votre livre est une fin triste ?



Partie 2 de 6
Pourquoi écrire, c’est un défi ?



Partie 3 de 6
Est-ce qu’il a dû garder le chandail de hockey ?



Partie 4 de 6
Est-ce que Monsieur Eaton existait vraiment ?



Partie 5 de 6
Pourquoi et dans quel contexte politique R. Carrier a-t-il écrit « Le chandail de hockey » ?



Partie 6 de 6
Est-ce que l’histoire écrite s’est vraiment passée dans sa vie ?


Pour en savoir plus sur l'auteur et sa célèbre histoire, explorez les archives du musée virtuel du Canada au http://www.historymuseum.ca/cmc/exhibitions/cpm/catalog/cat2208f.shtml

Pour une exploitation pédagogique et des activités d'enseignement cf. le site du Musée Canadien de l'histoire, puis plusieurs dossiers en PDF (1, 23 p.); (2, 5 p.); (3, 1p.); (4, 9p.); (5, 28p.); (6, 25p.);(7, 27p.); (8, 37p.).

Trois liens vers le texte en ligne:
Dossier 1,  (28 p.) p. 24-26.
Dossier 2,  (29 p.) Le texte, p. 15-18 et 25-28
Dossier 3,  (9 p.) Le texte, p. 4-7

Découvrir le Canada par l’écoute (émission de 8 minutes 11)

L’histoire du catalogue Eaton de 1884 à 1980 
Explorer le contenu du catalogue Eaton par son index
Découvrir le contenu des catalogues Eaton
par dates, de 1800 à 1975

Genèse d'un sport et genèse d’une équipe : Les Canadiens de Montréal, une religion

Sites sur Maurice Richard

  1. Entrevue vidéo avec Maurice Richard en 1979 sur Radio Canada : L’histoire de sa vie
  2. Maurice Richard expliqué aux enfants par Benoît Melançon, 2005.
  3. La biographie de Maurice Richard. Texte à lire
  4. Projets pédagogiques sur Maurice Richard préparés pour les enseignants par Radio Canada
  5.  Le site web des Canadiens de Montréal
  6. Pour toujours le hockey – Un jeu si simple, documentaire vidéo (29 :45) de Gilles Groulx, Office national de film, Québec, Canada : Documentaire spectaculaire sur le hockey, sport national des Québécois, et l'équipe des Canadiens de Montréal des années 1950-1960. Les joueurs sont des héros nationaux : Jacques Plante, Bernard Geoffrion, Henri Richard et les autres. En 1955 : l'idole Maurice Richard vient d'être puni pour avoir frappé un arbitre. Comme un seul homme, le peuple descend dans la rue, et c'est l'émeute...
  7. Le Rocket, documentaire vidéo (42 :25) de Jacques Payette, 1998, Office national de film, Québec, Canada:   Le 17 mars 1955, le Forum de Montréal est le théâtre d'une émeute qui marquera l'histoire d'un sport et d'un peuple. À l'origine de cette révolte spontanée, un homme : Maurice Richard, dit le Rocket, soudainement hissé au rang de symbole. Véritable fusée sur patins, le joueur étoile du Tricolore est habité par la rage de vaincre. Sa détermination et ses prouesses le transforment bientôt en légende. Truffé de documents d'archive, Le Rocket est un document indispensable à tous les collectionneurs et amateurs de hockey.
  8. Maurice Richard (titre anglais : The Rocket) film québécois réalisé par Charles Binamé, sorti en 2005
  9. Rocket - Richard, numéro 9, exposition et biographie au Musée canadien de l'histoire.


 
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